Communiqué de presse : Étude de Xerius et de l'UHasselt: un entrepreneur francophone sur trois fortement sensible à l'effet tunnel fiscal
Vite, encore quelques frais à faire passer avant la fin de l'année ?
Bruxelles, 5 septembre 2026 – Les entrepreneurs francophones jugent dans l'ensemble leurs connaissances fiscales moyennes à élevées. Pourtant, beaucoup sont sensibles à ce que les chercheurs appellent "l'effet tunnel fiscal": la tendance à accorder trop d'importance aux économies d'impôts. Cette attitude peut parfois conduire à des décisions qui coûtent finalement plus qu'elles ne rapportent. C'est ce qui ressort d'une étude menée par l'UHasselt et la caisse d'assurances sociales Xerius auprès de 190 entrepreneurs francophones en Belgique.
La fiscalité fait partie de la vie d'un entrepreneur. Mais lorsqu'elle prend trop de place dans la réflexion, elle peut faire perdre de vue l'ensemble de la situation financière. Certaines décisions risquent alors de réduire le revenu disponible. L'étude montre que ce biais cognitif est particulièrement répandu.
Un entrepreneur francophone sur trois fortement sensible à l'effet tunnel fiscal
Dans le cadre de l'étude, plusieurs affirmations courantes en matière de fiscalité ont été soumises aux entrepreneurs francophones. À première vue, les conseils proposés permettent de réaliser une économie d'impôts. Mais ils ne constituent pas nécessairement le meilleur choix lorsque l'on tient compte du coût total. Il s'agissait notamment d'affirmations telles que : "Remplacer systématiquement votre voiture de société tous les cinq ans afin de pouvoir déduire de nouveaux amortissements" ou "Engager encore quelques dépenses supplémentaires avant la fin d'un bon exercice comptable.”
Les participants devaient ensuite indiquer dans quelle mesure ils considéraient ces recommandations comme de bons conseils. La note moyenne attribuée à ces conseils montre que :
- 33 % des entrepreneurs sont fortement sensibles à l'effet tunnel fiscal (score supérieur à 5 sur 7);
- 65 % présentent une sensibilité moyenne (score de 3 à 5);
- seuls 2 % y sont peu ou pas sensibles (score inférieur à 3).
Parallèlement, l'étude révèle que les entrepreneurs ont plutôt confiance dans leurs connaissances fiscales. Sept entrepreneurs francophones sur dix (71%) s'attribuent une note d'au moins trois sur sept dans ce domaine. Un sur cinq (21%) estime même avoir de bonnes connaissances, avec une note supérieure à cinq sur sept.
Même les entrepreneurs qui s'y connaissent ne sont pas à l'abri
Selon les chercheurs, l'effet tunnel fiscal ne se limite pas à certaines catégories d'entrepreneurs.
Le professeur Maarten Corten, professeur associé en audit et comptabilité à l'UHasselt et à l'origine de l'étude, explique : "Les entrepreneurs estiment généralement avoir de bonnes connaissances fiscales, mais se révèlent pourtant étonnamment sensibles à l'effet tunnel fiscal. Celui-ci consiste à évaluer une décision en fonction de l'économie d'impôts qu'elle permet de réaliser, sans tenir suffisamment compte de son coût total. Résultat : certains entrepreneurs finissent par s'appauvrir en voulant économiser des impôts."
Les chercheurs constatent en outre que la sensibilité à l'effet tunnel fiscal est très peu liée au niveau d'études, à une formation en économie ou au niveau de connaissances fiscales que les entrepreneurs s'attribuent eux-mêmes.
Économiser des impôts ne signifie pas gagner de l'argent
Selon les chercheurs, l'effet tunnel fiscal peut conduire à différents choix peu judicieux. C'est notamment le cas lorsque des investissements, des achats ou des dépenses sont avant tout motivés par l'avantage fiscal qu'ils procurent.
Wim Daems, chercheur doctorant à l'UHasselt, précise : "De nombreux entrepreneurs savent qu'une dépense est fiscalement déductible, mais semblent parfois perdre de vue que la déduction ne compense qu'une partie de son coût. Dans le cas d'actifs amortissables, elle s'étale en outre sur plusieurs exercices comptables. Un investissement ou un achat peut parfaitement se justifier s'il apporte suffisamment de valeur, par exemple davantage de confort, moins d'entretien ou moins de frais. Mais cela devient problématique lorsque l'économie d'impôts constitue la principale raison d'effectuer une dépense."
L'évolution de la législation fiscale peut également renforcer ce réflexe. Les entrepreneurs peuvent alors avoir l'impression qu'ils doivent agir rapidement pour ne pas passer à côté d'un avantage.
Le comptable reste un interlocuteur essentiel
Selon Xerius, ces résultats soulignent l'importance d'examiner les décisions entrepreneuriales dans une perspective financière globale.
Stéphanie Gowenko de Xerius :"La fiscalité est un élément important de l'entrepreneuriat, mais elle ne constitue qu'une composante d'une décision financière plus large. Les entrepreneurs ont tout intérêt à ne pas se limiter à l'avantage fiscal. Ils doivent également tenir compte du coût réel, de la valeur ajoutée de l'investissement et de son impact sur leur trésorerie. Une discussion approfondie avec un comptable reste souvent la meilleure garantie d'une décision bien réfléchie."
Exemple : économiser des impôts coûte aussi de l'argent
Une idée reçue fréquente consiste à penser qu'une dépense entièrement déductible se rembourse grâce à l'économie d'impôts réalisée.
Avec un taux d'imposition de 25%, une dépense déductible supplémentaire de 1.000 euros permet d'économiser 250 euros d'impôts. L'entrepreneur dépense néanmoins toujours 1.000 euros et dispose donc, au final, de 750 euros de moins.
La question n'est donc pas de savoir si une dépense permet d'économiser des impôts, mais si l'investissement, l'achat ou le don apporte suffisamment de valeur pour justifier son coût net.
À propos de l'étude
L'étude sur la fiscalité des entrepreneurs francophones repose sur une enquête en ligne menée entre le 7 avril et le 18 mai 2026. Au total, 190 entrepreneurs francophones ont répondu à l'intégralité du questionnaire. Il leur a fallu en moyenne 27 minutes pour le compléter. Parmi les répondants, 70% sont établis en Région wallonne et 30% en Région de Bruxelles-Capitale.
Bien qu'une enquête soit toujours susceptible de comporter un biais de sélection, ces statistiques correspondent à la répartition observée dans la population des indépendants. L'échantillon peut donc être considéré comme représentatif, avec toutefois une légère sous-représentation des femmes. Parmi les répondants, 68% sont des hommes, 29% des femmes et 3% indiquent une autre identité de genre ou ne souhaitent pas se prononcer. L'âge moyen des répondants est de 48 ans, avec des participants âgés entre 21 et 73 ans. Environ 10% ont moins de 32 ans et 10% plus de 63 ans. Ces chiffres correspondent aux données de Statbel. En ce qui concerne la situation familiale, 28% des répondants sont célibataires et 72% ont un partenaire. Au total, 62% sont mariés ou cohabitants légaux et 10% vivent en cohabitation de fait.
La majorité des répondants exercent leur activité d'indépendant à titre principal (84%). Cette catégorie est surreprésentée dans l'échantillon par rapport aux 62% observés dans l'ensemble de la population des indépendants (Statbel 2024). Près de quatre entreprises sur dix (39%) sont des entreprises individuelles, tandis que 61% sont constituées en société. Au sein de ce dernier groupe, la société à responsabilité limitée (SRL) est de loin la forme la plus courante (88%). Elle est surreprésentée par rapport aux 70% observés dans la population (Statbel 2024). Viennent ensuite les sociétés en commandite (5%), les sociétés anonymes (3,4%) et les autres formes juridiques (3,6%). L'âge moyen des entreprises est de 12 ans, avec une médiane de 8 ans. Un quart d'entre elles ont moins de 4 ans, tandis qu'un autre quart sont actives depuis plus de 18 ans.
Au total, 90% des répondants font appel à un comptable externe. Environ 10% des entrepreneurs ne font pas appel à un comptable.
À propos de Xerius
Xerius est la plus grande caisse d’assurances sociales pour indépendants et le plus grand guichet d’entreprises de Belgique. Les entrepreneurs peuvent s’adresser à Xerius pour la création, l’inscription, la modification et la cessation d’une entreprise, ainsi que pour leurs obligations administratives, leurs cotisations sociales, leur sécurité sociale et leurs assurances complémentaires. Grâce à ses 12 bureaux en Belgique et à ses services numériques, Xerius accompagne plus de 250.000 indépendants et 165.000 sociétés à chaque étape de leur parcours entrepreneurial.
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À propos de l'UHasselt Research Center for Entrepreneurship and Family Firms
Le Research Center for Entrepreneurship and Family Firms (RCEF) de l'Université de Hasselt est un centre de recherche interdisciplinaire consacré à l'entrepreneuriat et aux entreprises familiales. Le centre entend apporter une contribution à la société grâce à des recherches académiques pertinentes et rigoureuses, à l'enseignement ainsi qu'à des services de qualité destinés aux entreprises et aux organisations.
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Eva De Schryver eva.deschryver@xerius.be


